Micro ou réel : quel régime choisir ?
Au régime micro, vous déclarez vos recettes et un abattement forfaitaire tient lieu de frais : vos dépenses réelles ne sont pas déduites. Au réel, en déclaration contrôlée, vous déduisez vos frais réels, en contrepartie d’une comptabilité et d’une déclaration 2035. Le réel devient intéressant quand vos frais dépassent l’abattement ou quand vous investissez. Le régime micro n’est ouvert que sous un plafond de recettes. Ces règles sont celles des bénéfices non commerciaux (BNC), dont relèvent la plupart des activités libérales : conseil, santé, professions juridiques. Une activité commerciale ou artisanale relève des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), avec d’autres abattements et une autre déclaration : je vous le précise dès le premier échange. Je compare micro et réel sur vos propres chiffres.
À partir de quand passer en société ?
Il n’existe pas de seuil unique. La question se pose quand votre bénéfice dépasse durablement vos besoins personnels, quand vous vous associez ou quand vous voulez structurer votre activité. L’impôt sur les sociétés permet alors de laisser dans l’entreprise ce que vous ne prélevez pas, mais la société n’est pas le seul moyen d’y accéder : depuis la réforme de 2022, l’entrepreneur individuel au réel peut opter pour l’impôt sur les sociétés, et son patrimoine personnel est séparé par défaut de son patrimoine professionnel, sauf exceptions. Si la société se justifie, sa forme dépend de votre profession : pour une profession réglementée, société d’exercice libéral (SELARL, SELAS) ou autre forme prévue par ses règles ; pour une activité non réglementée, SASU ou EURL. Toutes ne sont pas soumises d’office à l’impôt sur les sociétés : une EURL dont l’associé unique est une personne physique, par exemple, ne l’est que sur option. Je chiffre la situation avant et après.
Quels frais puis-je déduire ?
Au réel, les dépenses nécessaires à votre activité, effectivement payées et justifiées : matériel, logiciels, abonnements, formation, assurance professionnelle, cotisations sociales obligatoires, cotisations à votre ordre. Certaines demandent une attention particulière : véhicule, repas, bureau à domicile, dépenses à la fois privées et professionnelles. Le matériel durable s’amortit en principe sur plusieurs années, au lieu d’être déduit en une fois. Le petit matériel de faible valeur unitaire peut, sous conditions, être déduit immédiatement. Au régime micro, aucun frais réel n’est déductible : l’abattement forfaitaire en tient lieu.
Dois-je adhérer à un organisme de gestion agréé ?
Ce n’est plus un enjeu fiscal. La majoration du bénéfice des non-adhérents a disparu à partir des revenus de 2023, et la loi de finances pour 2025 a mis fin à l’agrément de ces organismes ainsi qu’à la réduction d’impôt pour frais de comptabilité et d’adhésion. Certains poursuivent leur activité sous forme associative : vous pouvez y adhérer pour leurs services, mais sans les avantages fiscaux d’autrefois.
Comment sont calculées mes cotisations sociales ?
En entreprise individuelle, elles sont calculées à partir de votre revenu professionnel : votre bénéfice au réel, ou vos recettes après abattement si vous êtes au régime micro sans être micro-entrepreneur. Elles sont d’abord appelées à titre provisionnel, puis régularisées une fois votre revenu définitif connu. Une bonne année se paie donc aussi l’année suivante. Le micro-entrepreneur, lui, paie des cotisations égales à un pourcentage du chiffre d’affaires encaissé. Ce statut n’est pas ouvert aux professions libérales réglementées qui relèvent d’une autre caisse que la CIPAV, comme les médecins, les auxiliaires médicaux ou les avocats. Votre retraite relève, selon votre profession, d’une caisse de professions libérales (CARMF, CARPIMKO, CIPAV ou CNBF, par exemple) ou du régime général des indépendants. Je vérifie vos appels de cotisations et j’anticipe les régularisations dans votre trésorerie.
Dois-je facturer la TVA ?
Pas toujours. Les soins dispensés par les professions médicales et paramédicales réglementées sont en principe exonérés de TVA. Pour les autres activités, la franchise en base vous dispense de facturer la TVA tant que votre chiffre d’affaires reste sous un seuil, mais vous ne récupérez pas non plus la TVA sur vos achats. Ces seuils ont fait l’objet de débats en 2025 : je vérifie celui qui s’applique à votre situation et je surveille son franchissement en cours d’année.
Je suis micro-entrepreneur et mon activité grandit : que faire ?
Surveillez deux limites qui ne se franchissent pas au même moment : le seuil de franchise de TVA et le plafond du régime micro. Comparez aussi votre abattement forfaitaire à vos frais réels : le réel peut devenir avantageux bien avant le plafond. Je vous aide à préparer le passage au réel, ou directement en société, pour qu’il se fasse au bon moment et sans désorganiser votre facturation.