SASU ou EURL : quel statut choisir ?
Les deux limitent votre responsabilité au montant de vos apports, hors garanties personnelles et faute de gestion. La différence se joue surtout sur le social. En SASU, le président est assimilé salarié : sa protection sociale est proche de celle d’un salarié, sans assurance chômage, mais les cotisations sur sa rémunération sont plus élevées. Ses dividendes ne supportent pas de cotisations sociales, mais restent soumis aux prélèvements sociaux et à l’impôt sur le revenu. En EURL, le gérant associé unique relève du régime des indépendants : cotisations plus légères à rémunération égale, mais si la société est à l’impôt sur les sociétés, une partie de ses dividendes peut y être soumise. Je compare les deux avec vos chiffres avant de trancher.
Micro-entreprise ou société ?
La micro-entreprise est le plus simple : cotisations sociales calculées sur le chiffre d’affaires encaissé, comptabilité allégée, pas de comptes annuels. En contrepartie, vos charges réelles ne sont pas déductibles et le régime est plafonné en chiffre d’affaires. Il convient bien à une activité qui démarre avec peu de frais. Dès que les charges pèsent, que l’activité grossit ou que vous voulez laisser une partie des bénéfices dans l’entreprise, une société mérite d’être chiffrée.
Faut-il un prévisionnel pour créer son entreprise ?
Il n’est pas exigé pour immatriculer une société. Mais la banque le demande en général pour accorder un prêt, et c’est surtout le seul moyen de vérifier que le projet dégage de quoi vous rémunérer et tient en trésorerie les premiers mois. Je le construis avec vous : compte de résultat prévisionnel, plan de financement et trésorerie mois par mois la première année.
Puis-je bénéficier de l’ACRE ?
L’ACRE est une exonération partielle de cotisations sociales en début d’activité. Elle est réservée à certains publics, par exemple certains demandeurs d’emploi, les bénéficiaires du RSA ou les jeunes de 18 à 25 ans, et soumise à conditions. Elle n’est pas automatique : la demande se fait auprès de l’URSSAF dans les 60 jours qui suivent le début d’activité. Je vérifie votre éligibilité avant la création, pour ne pas laisser passer le délai.
Comment se rémunérer : rémunération ou dividendes ?
Dans une société à l’impôt sur les sociétés, la rémunération du dirigeant est déductible du résultat et construit votre protection sociale, retraite comprise, mais elle supporte des cotisations. Les dividendes sont versés sur le bénéfice après impôt sur les sociétés. Ils supportent des prélèvements sociaux, voire des cotisations en EURL au-delà d’un certain seuil, et l’impôt sur le revenu, au prélèvement forfaitaire unique ou, sur option, au barème progressif. Si la société est à l’impôt sur le revenu, la question se pose autrement : votre part du bénéfice est imposée à votre nom, que vous la préleviez ou non. Le bon dosage dépend de la forme de la société, de votre besoin de revenus réguliers et de votre fiscalité personnelle. Mon simulateur Rémunération ou dividendes donne un premier ordre de grandeur, que j’affine ensuite avec vos chiffres.
Faut-il créer une holding ?
Pas forcément, et rarement dès la création. Une holding peut servir à détenir plusieurs sociétés, à réinvestir des bénéfices ou à préparer une transmission : sous conditions, les dividendes qu’elle reçoit de ses filiales sont en grande partie exonérés d’impôt sur les sociétés (régime mère-fille). Mais c’est une société de plus à tenir, avec ses coûts et ses obligations, et un montage sans autre justification que fiscale peut être remis en cause par l’administration. Je chiffre l’intérêt réel avant de vous la conseiller.